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Une vaste coalition exhorte le premier ministre a stopper le projet de Reglement sur les activites d’aquaculture

 Une vaste coalition exhorte le premier ministre à stopper le projet de Règlement sur les activités d’aquaculture, qui nuirait à l’environnement

À publier le 17 février 2015

Halifax (Nouvelle-Écosse) – Des chefs d’entreprise, des dirigeants d’associations de pêche commerciale et récréative, des scientifiques, des avocats et des environnementalistes unissent leurs voix pour exhorter le premier ministre Harper à arrêter la mise en œuvre du projet de Règlement sur les activités d’aquaculture. Les modifications proposées auraient pour effet de soustraire l’industrie aquacole aux dispositions de la Loi sur les pêches interdisant le rejet de substances nocives dans les eaux où vivent des poissons. Malgré l’opposition généralisée que soulève le processus de modification réglementaire depuis son lancement en 2011, le gouvernement du Canada a décidé d’aller de l’avant et de mettre en œuvre ces changements.

« Ce règlement représente un recul de plusieurs décennies sur le plan de la protection des milieux aquatiques au Canada », déclare Bill Ernst, toxicologue retraité d’Environnement Canada. « Environnement Canada n’aura plus de rôle à jouer dans l’application de la loi dans le secteur de l’aquaculture, et la responsabilité reviendra désormais à Santé Canada, qui n’a pas de mandat complet en matière de protection de l’environnement. »

Les 120 signataires d’une lettre ouverte envoyée aujourd’hui soutiennent que les modifications proposées augmenteront les risques pour l’environnement en raison des rejets dans l’écosystème aquatique de pesticides toujours plus puissants et d’autres substances potentiellement nuisibles. Ces changements diminueront aussi considérablement la surveillance réglementaire de la part du gouvernement et nuiront aux intérêts commerciaux du Canada en tant que fournisseur de produits de la mer de qualité irréprochable.

« Nous pêchons aux côtés de l’industrie aquacole depuis des décennies et nous connaissons les impacts potentiels des piscicultures de saumon en cages ouvertes sur la pêche traditionnelle. Mal réglementée, l’aquaculture du saumon met en péril notre industrie et notre gagne-pain. Le contenu du Règlement sur les activités de l’aquaculture, notamment l’importance accordée à l’autosurveillance et à l’autoréglementation de l’industrie aquacole, ainsi que la capacité du MPO à faire appliquer le règlement proposé sont pour nous des facteurs très préoccupants », indique Maria Recchia, directrice administrative de la Fundy North Fishermen’s Association du sud-ouest du Nouveau-Brunswick.

« La valeur de notre industrie repose sur un environnement marin non pollué et en parfait état », affirme Stewart Lamont, propriétaire de Tangier Lobster en Nouvelle-Écosse. « Nous avons dû faire face déjà aux impacts des pesticides, et certaines activités qui font présentement l’objet d’amendes fédérales seraient maintenant légales. Permettre au MPO d’autoriser une industrie côtière à polluer est tout simplement inconcevable. »

Une étude scientifique que vient de publier le ministère des Pêches et des Océans sur les répercussions de deux pesticides utilisés dans le traitement des infestations de poux du poisson, soit le Salmosan et l’Alphamax, révèle qu’ils ont des effets mortels sur le homard et que l’un deux, l’Alphamax, présente même un risque jusqu’à dix kilomètres du lieu d’utilisation. L’étude conclut en outre à un manque général de données quant aux impacts des pesticides sur de nombreuses autres espèces marines.

« Nous savons déjà que nos océans et nos écosystèmes côtiers souffrent d’une exposition excessive aux polluants. La mise en œuvre des modifications réglementaires proposées revient à laisser la pollution envahir davantage nos eaux côtières. Nos industries côtières, surtout celles qui dépendent d’un environnement marin sain, seront en péril », indique Susanna Fuller, coordonnatrice de la conservation marine au Centre d’action écologique. « En outre, notre réputation internationale en matière de protection de l’environnement en souffrira, ce que nous ne pouvons accepter vu l’importance des marchés d’exportation pour nos pêches. »

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Pour de plus amples renseignements :
Maria Recchia, directrice administrative, Fundy North Fishermen’s Association
Courriel : mariarecchia@nb.aibn.com
Téléphone : 506 469-4191

Stewart Lamont, directeur général, Tangier Lobster
Courriel : stewart@tangierlobster.com
Téléphone : 902 456-0712

Bill Ernst, toxicologue retraité, Environnement Canada
Courriel : wrernst1@gmail.com

Susanna Fuller, Ph. D., coordonnatrice de la conservation marine, Centre d’action écologique
Courriel : marine@ecologyaction.ca
Téléphone : 902 483-5033
Twitter : @sdfuller @EAC_Seamouse

Information documentaire
Des consultations ont débuté dès 2011 sur les modifications proposées à la Loi sur les pêches concernant le traitement des infestations de poux du poisson dans la pisciculture pratiquée en cages à filets ouverts. Le projet de règlement a été publié dans la Gazette du Canada le 23 août 2014.
http://www.gazette.gc.ca/rp-pr/p1/2014/2014-08-23/html/reg1-fra.php

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