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Quatre choses apprises au cours de nos 14 années de pistage des saumoneaux

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 communiqué de presse


Quatre choses apprises au cours de nos 14 années de pistage des saumoneaux


La Fédération du saumon atlantique et ses partenaires ont marqué et suivi 2 862 saumons juvéniles, aussi appelés saumoneaux, depuis 2003 dans quatre rivières se déversant dans le golfe du Saint-Laurent. Les résultats de ces travaux ont été récemment publiés dans la revue Journal of Marine Science du CIEM (open access) :

https://academic.oup.com/icesjms/advance-article/doi/10.1093/icesjms/fsy156/5230889



Implantation d’un émetteur acoustique dans la cavité générale d’un saumoneau à Rocky Brook, sur la Miramichi Sud-Ouest.


 Voici 4 faits mis en évidence par l’étude de pistage des saumoneaux la plus longue menée dans le monde :


La taille est importante : plus les saumoneaux sont grands, plus leur chance de survie est grande. Les saumons juvéniles mesurant au moins 16 cm (6,25 po) ont 1,5 fois plus de chances de parcourir les 800 km (500 milles) qui les séparent de la mer du Labrador comparativement aux saumoneaux mesurant moins de 14 cm (5,5 po).



Mesure de la taille d’un saumoneau, du bout du museau jusqu’à la fourche de la queue, soit environ 15,2 cm. Recherche FSA


Certains sont plus rapides que d’autres : dans les rivières Restigouche et Miramichi Sud-Ouest, les saumoneaux se déplaçaient dans les eaux douces à une vitesse d’environ 27 km (17 milles) par jour. Dans la Miramichi Nord-Ouest, la distance parcourue par jour s’établissait à 10 km (6,2 milles) et dans la Cascapédia à seulement 6 (3,7 milles). Toutefois, une fois dans l’océan, les saumoneaux de la Cascapédia prennent de la vitesse, parcourant 22 km (13,8 milles) par jour, les plus rapides des quatre populations étudiées.



La FSA mène des études de pistage dans ces rivières du golfe du Saint-Laurent, suivant les saumoneaux en route pour le Groenland.


Les saumoneaux arrivent à temps : bien qu’ils se rendent à l’océan à des vitesses variables et à des périodes différentes, les saumoneaux finissent par synchroniser leur vitesse dans le golfe du Saint-Laurent et traversent le détroit de Belle Isle sur une période de dix jours à compter du début de juillet.



Eric Brunsdon, chercheur de la FSA, et Heather Perry, étudiante d’été, à la recherche de post-saumoneaux munis de petits filets dans le détroit de Belle Isle, entre le Labrador et Terre-Neuve. Martin Silverstone/FSA.



En présence de prédateurs : l’environnement auquel les saumoneaux sont confrontés fait une différence sur le plan de la survie. Les taux de survie des saumoneaux de la Restigouche et de la Cascapédia qui traversent la baie des Chaleurs sont demeurés stables et relativement élevés (de 67 à 95 %) au cours de la période à l’étude de 14 ans. Ceux de la Miramichi ont commencé à baisser en 2010. La croissance de la population indigène de bars rayés dans la rivière constitue sans doute l’une des raisons de cette baisse. Les taux de survie des saumoneaux les plus faibles ont été enregistrés dans la Miramichi Nord-Ouest entre 2013 et 2016, où selon les estimations, ils se situaient entre 28 et 42 %.



Les bars rayés dans le cours inférieur de la Miramichi sont des prédateurs importants du saumon de l’Atlantique juvénile.