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Les saumons atlantiques en migration risquent d’être la cible de pêches non viables

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Le 2 juin 2014

St. Andrews (Nouveau-Brunswick) — La Fédération du saumon atlantique (FSA) s’inquiète vivement du fait que les gains durement acquis en matière de conservation au cours de la dernière décennie et qui se sont traduits par une augmentation du nombre de grosses femelles oeuvées dans les rivières d’Amérique du Nord sont maintenant en péril. « La pêche aux filets maillants au large du Groënland, du Labrador et de Saint Pierre et Miquelon constitue une menace croissante pour la survie du saumon atlantique sauvage », indique Bill Taylor, président de la FSA.

La FSA se prépare à assister à la réunion annuelle de l’Organisation pour la conservation du saumon de l’Atlantique Nord (OCSAN) qui se tiendra à Saint-Malo, en France, du 3 au 6 juin prochain. Les ententes de l’OCSAN et du secteur privé conclues entre les pêcheurs du Groënland, la FSA et le Fonds pour le saumon de l’Atlantique Nord visaient à restreindre la pêche au saumon au large du Groënland à un niveau de subsistance pendant une décennie, mais ont pris fin en 2012 lorsque le Groënland s’est mis à pêcher le saumon pour approvisionner ses usines de transformation.
Le Conseil international pour l’exploitation de la mer (CIEM) a affirmé très clairement qu’il n’y a pas de surplus de saumons d’origine nord-américaine pouvant être récoltés dans le cadre d’une pêche de stocks mixtes et que la pêche au saumon ne devrait se pratiquer que lorsque la santé des populations ciblées a été confirmée par des évaluations scientifiques. Elle ne devrait se pratiquer que dans les rivières où la santé des populations a été confirmée et qui atteignent le seuil de conservation.


Selon les toutes dernières données du CIEM, la récolte de saumons au Groënland a augmenté, passant de 33 tonnes en 2012 à 47 tonnes (14 200 saumons) en 2013, principalement en raison de la croissance des ventes aux usines de transformation. Il s’agit de la récolte la plus importante au pays depuis 1997, et 82 % des prises sont des saumons originaires d’Amérique du Nord.


Des études génétiques récentes révèlent que les saumons d’origine nord-américaine récoltés au Groënland proviennent des Maritimes, de la Gaspésie, de la Côte-Nord du Québec et d’autres régions, comprenant les États-Unis. « Figurent au nombre de ces prises, des saumons provenant de populations de saumons menacées, en voie de disparition et en péril au Canada ainsi que de populations en voie de disparition aux États-Unis. Ces saumons sont destinés à la vente à des usines de transformation au Groënland, à l’approvisionnement de marchés en plein air et à la pêche alimentaire », ajoute M. Taylor.


« Par ailleurs, le nombre de grands saumons récoltés par les membres des Premières nations et les résidents du Labrador est passé de 4 228 en 2012 à 6 495 en 2013. Ces deux pêches ont prélevé un total de 37,5 tonnes de grands saumons et de petits saumons adultes (madeleinaux) en 2013, soit pratiquement le double de l’allocation totale fixée (24 tonnes). Une nouvelle étude génétique confirme que les pêches du Labrador ciblent les populations mixtes de saumons provenant de diverses rivières alors qu’elles migrent vers leur rivière natale au Labrador, sur la Côte-Nord du Québec, à Terre-Neuve ou dans d’autres régions plus au sud »,  poursuit-il.


Par ailleurs, une pêche au saumon au large de Saint-Pierre et Miquelon (collectivité territoriale française) a intercepté 5,3 tonnes de saumons (588 grands saumons et 1 764 madeleinaux) en 2013 qui retournaient à leur rivière natale en Gaspésie, à Terre-Neuve, dans les Maritimes et sur la Côte-Nord du Québec. Cette récolte fut la plus importante depuis qu’elle a commencé à faire l’objet de déclaration en 1970.


« Ces pêches de populations mixtes constituent un impact humain inacceptable sur les montaisons de saumon déjà menacées par la perte d’habitat, les interactions avec les saumons d’élevage et les conditions environnementales changeantes. La récolte de saumons est un impact qui pourrait être atténué par une intervention gouvernementale efficace, et la prise de certaines mesures cette année pourrait donner lieu à des résultats immédiats très positifs. »


La pêche commerciale au Groënland devrait se limiter à une pêche de subsistance qui s’élevait jusque-là à 20 tonnes. Le Groënland doit adopter de meilleures mesures de gestion, de surveillance et de déclaration relatives à sa pêche au saumon.
Au Labrador, le Canada doit collaborer avec les Premières Nations pour qu’elles puissent capturer leur contingent de pêche de subsistance en pratiquant une pêche sélective sans filets lorsque la majorité des grands saumons retournent au Labrador ou à l’aide de filets-pièges afin de permettre la remise à l’eau des gros géniteurs. Il conviendrait également de procéder à des évaluations de plus grande envergure pour tracer un portrait plus fidèle de la santé des populations de saumons au Labrador qui fréquentent une centaine de rivières dans la région.  


« En fondant nos décisions de gestion sur les données recueillies par nos quatre stations de comptage au Labrador, nous sommes loin d’appliquer le processus de précaution, poursuit M. Taylor. Les prises accessoires de saumon dans le cadre de la pêche à la truite au Labrador devraient être éliminées ou au moins limitées aux moments où la truite est l’espèce ciblée et non le saumon. Les pêches doivent être pratiquées à proximité de l’embouchure des rivières afin de réduire l’interception de stocks mixtes. Il conviendrait par ailleurs d’accroître les mesures de surveillance et d’application de la loi.


Pour ce qui est de la pêche pratiquée au large de Saint-Pierre et Miquelon, l’OCSAN doit multiplier ses efforts pour amener la France à assister à sa réunion annuelle en vue de discuter de moyens de réduire cette pêche d’interception. « Vu que la réunion annuelle se tiendra en France, nous espérons que des progrès pourront être accomplis cette semaine », signale M. Taylor.


« Ce sont là quelques-unes des questions que la FSA portera à l’attention de l’OCSAN en tant que l’une de ses organisations non gouvernementales accréditées, termine-t-il. En plus d’assister aux réunions du conseil de l’OCSAN, de la Commission nord-américaine, de la Commission de l’Atlantique du Nord-Est et de la Commission de l’ouest du Groënland, nous aurons d’autres occasions de nous attaquer aux problèmes associés à la pêche de populations mixtes qui se pratique dans l’Atlantique Nord lors d’une séance spéciale d’une journée le mercredi 4 juin.


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La Fédération du saumon atlantique est vouée à la conservation, à la protection et au rétablissement du saumon atlantique sauvage et des écosystèmes dont il dépend pour sa survie et son bien-être. La FSA regroupe sept conseils régionaux (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve et Labrador, Île-du-Prince-Édouard, Québec, Maine et ouest de la Nouvelle-Angleterre). Les conseils régionaux couvrent l’ensemble de l’aire de répartition du saumon atlantique en eau douce au Canada et aux États-Unis.

Personne-ressource à la FSA :
Charles Cusson
(514) 926-1412
fsamtl@bell.net
Pour voir cet article en ligne, aller à :  
http://asf.ca/les-saumons-atlantiques-en-migration-risquent.html

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