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En 2014, les prises du Groenland représentaient 63 % de toute la récolte canadienne de saumon de l’Atlantique

En 2014, les prises du Groenland représentaient 63 % de toute la récolte canadienne de saumon de l’Atlantique

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Le 27 mai 2015

St. Andrews (N.-B.) — La Fédération du saumon atlantique (FSA) est très préoccupée par l’augmentation constante de la récolte de saumon atlantique canadien dans les pêches mixtes du Groenland. En effet, les prises de saumon atlantique de ce pays sont passées de 47 tonnes en 2013 à 58 tonnes en 2014, des quantités qui dépassent largement les seuils permettant une gestion durable de l’espèce.

Le dernier rapport [en anglais] du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) indique que, en 2014, le Groenland a pêché 63 % des saumons qui étaient revenus dans les eaux canadiennes après avoir passé deux hivers dans les aires d’alimentation océaniques du Groenland. De leur côté, le Canada en a récolté 35 % et Saint-Pierre-et-Miquelon, 2 %.

L’Organisation pour la Conservation du Saumon de l’Atlantique Nord tentera de négocier une entente pluriannuelle visant à réglementer les pêches groenlandaises de saumon à sa réunion annuelle qui doit se tenir à Happy Valley-Goose Bay, au Labrador, du 2 au 5 juin.

« Les pêches mixtes constituent un effet humain inacceptable sur la montaison du saumon, qui souffre déjà de la perte d’habitat, des interactions avec le saumon d’élevage et des changements des conditions environnementales », déclare le président de la FSA, Bill Taylor. « La récolte de saumon est un facteur qu’une mesure gouvernementale efficace peut atténuer et des moyens peuvent être pris dès cette année. Et qui plus est, ces moyens auraient un effet immédiat très positif. »

Le gouvernement du Canada a interdit, pour 2015, la rétention du saumon atlantique capturé à la pêche récréative au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard. Cette mesure de conservation a été annoncée en avril par la ministre des Pêches et des Océans, Gail Shea, pour réagir à la chute des quantités de saumons. Cette mesure temporaire était recommandée par le comité consultatif ministériel sur le saumon de l’Atlantique dont on attend d’autres recommandations cet été. Il est à espérer qu’elles réussiront à réduire davantage la récolte de saumon atlantique.

« Le CIEM a indiqué très clairement qu’il n’y a pas de surplus de saumon d’Amérique du Nord à récolter dans les pêches mixtes et qu’une telle récolte devrait avoir lieu seulement quand la santé de toutes les populations ciblées sera connue d’après une évaluation scientifique, ajoute M. Taylor. La récolte en rivière devrait se pratiquer là où on sait que la population de saumon dépasse les limites minimales de conservation. »

De 2002 à 2011, les accords de l’Organisation pour la Conservation du Saumon de l’Atlantique Nord complétaient les ententes du secteur privé entre les pêcheurs du Groenland, la FSA et le North Atlantic Salmon Fund qui limitaient les pêches du Groenland à des quantités de subsistance. Or, cette situation a pris fin en 2012, lorsque le Groenland a commencé à pratiquer une pêche commerciale du saumon en vue d’approvisionner ses usines de transformation.

« Nous voudrions que le Groenland se limite à une pêche de subsistance, soit environ 20 tonnes par le passé, commente M. Taylor. Le Groenland doit mettre en place de meilleures méthodes de rapport, de surveillance et de contrôle de sa pêche du saumon, d’ailleurs il s’est montré disposé à l’envisager. Mais, en même temps, il a exprimé son intention de maintenir une pêche d’approvisionnement des usines et une pêche de subsistance sans maximum. Compte tenu des stocks très bas de saumon de l’Amérique du Nord, c’est absolument inacceptable. »

En décembre dernier, lorsqu’elle a annoncé l’établissement du comité consultatif ministériel, la ministre des Pêches et des Océans, Gail Shea a fait savoir qu’une de ses principales tâches consisterait à recommander une stratégie en réponse aux pratiques internationales qui ne sont pas durables. La FSA se réjouit que la ministre ait pris cet engagement.

Cependant, s’il veut pratiquer une gestion de précaution qui favorise la conservation de son saumon atlantique et donne l’exemple au Groenland, le Canada doit prendre d’autres mesures qui réduiront sa propre récolte de saumon. À défaut d’avoir la certitude qu’une population dépasse les limites minimales de conservation, aucune récolte ne devrait être permise. Bien que le Canada ait réduit sa récolte de 136 tonnes, en 2013, à 105,6 tonnes, en 2014, il doit en faire plus pour que la pêche des Premières Nations et la pêche récréative suivent les principes de gestion de précaution et les meilleurs conseils scientifiques.

Selon M. Taylor, « les réunions de l’Organisation pour la Conservation du Saumon de l’Atlantique Nord à Goose Bay sont une bonne occasion pour le Canada de prouver au monde que nous prenons au sérieux la conservation et la reconstitution de nos stocks de saumon sauvage de l’Atlantique. C’est le moment d’ajouter aux progrès réalisés par le comité consultatif ministériel. »

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La Fédération du saumon atlantique est vouée à la conservation, à la protection et au rétablissement du saumon atlantique sauvage et des écosystèmes dont dépendent son bien-être et sa survie. La FSA est formée d’un réseau de sept conseils régionaux (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador, Île-du-Prince-Édouard, Québec, Maine et Nouvelle-Angleterre occidentale). Ces conseils couvrent l’aire de répartition en eau douce du saumon atlantique au Canada et aux États-Unis.

Personne-ressource de la FSA : Holly Johnson, Information publique : 506-529-1033(bureau)
506-469-1033(cell.)
HJohnson@asf.ca
Photographie : http://www.asf.ca/images.html
Pour consulter ce communiqué et une explication du contexte, voir en ligne :