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Échec des négociations visant à limiter la récolte du Groenland

Échec des négociations visant à limiter la récolte du Groenland

Pour publication immédiate                            
le 9 juin 2015

St Andrews (N.-B.) — La Fédération du saumon atlantique (FSA) est très déçue de l’échec de l’Organisation pour la Conservation du Saumon de l’Atlantique Nord (OCSAN) à limiter la récolte de saumon par le Groenland à des seuils permettant une gestion durable dans le cadre des négociations qui se déroulaient du 2 au 5 juin à Goose Bay, au Labrador, en vue de définir des mesures réglementaires. Le Groenland a refusé de déroger à un contingentement de 45 tonnes, une quantité que les autres parties à la Commission du Groenland occidental (comprenant le Groenland, le Canada, les États-Unis et de l’Union européenne) ne pouvaient pas accepter. Au nom du Groenland, le Danemark s’est engagé unilatéralement à limiter les prises annuelles de toutes ses pêches à un total de 45 tonnes en 2015, 2016 et 2017.

Les scientifiques qui conseillent l’OCSAN ont indiqué très clairement qu’il ne devrait y avoir aucune récolte de saumon de l’Amérique du Nord au Groenland. « Nous espérions un compromis qui aurait permis une pêche de subsistance ne dépassant pas les 20 tonnes, mais le double de cette quantité est tout simplement inacceptable », commente Bill Taylor, président de la FSA. « L’effet en sera catastrophique pour les populations de saumon déjà en danger et menacées en Amérique du Nord et dans le sud de l’Europe. »

La situation est inquiétante dans presque tout l’est du Canada et en particulier dans l’État du Maine, où les derniers saumons américains tentent de survivre. Selon le rapport 2015 (en anglais) du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM), en 2014 les rivières du Québec atteignent seulement 44 % de leurs seuils de conservation minimale pour les grands saumons qui passent deux hivers en mer (2HM), une diminution importante par rapport à 2013, où ce taux était de 76 %. Les populations de saumon des rivières du sud du golfe du St-Laurent atteignent à peine 54,5 % de leurs seuils de conservation minimales après avoir été de 80 % l’année précédente, une autre chute inquiétante. Le seuil minimal de la rivière Miramichi Sud-Ouest a été de seulement 69 % et celle de la Miramichi Nord-Ouest, un désastreux 21 %. Les populations de saumon de la côte Atlantique de la Nouvelle-Écosse et de la baie de Fundy ont chuté à des seuils de conservation effondrée à 2,7 %, beaucoup moins que les 12 % de 2013. Quant au saumon de la rivière Conne, population menacée de la côte sud de Terre-Neuve, il n’atteint que 49 % du seuil de conservation. Dans le sud du Labrador, les rivières Sand Hill, Muddy Bay Brook et Southwest Brook avaient des taux respectifs de seulement 56 %, 66 % et 72 %. Aux États-Unis, la population de saumon ayant passé deux hivers en mer (2HM) représentait 2 % du seuil de conservation, un taux désastreux.

« L’intention du Groenland de récolter 45 tonnes par année de 2015 à 2017 représente une menace encore plus grande pour notre saumon. Cela vient réduire les bienfaits de nombreux programmes coûteux mis en œuvre pour restaurer les montées de saumon atlantique sauvage en Amérique du Nord, ajoute M. Taylor avant de poursuivre ses explications. « Les pêches du Groenland mettent en danger des programmes tels que celui de la rivière Penobscot, dans le Maine, qui vise à élargir l’habitat du saumon au coût de 64 millions de dollars, et le chaulage de la rivière West River Sheet Harbour, en Nouvelle-Écosse, une mesure de conservation de un million de dollars ayant pour but de combattre les effets des pluies acides. Sans compter les centaines d’autres projets concernant des rivières de l’est du Canada et le nord-est des États-Unis; tous en souffriront. C’est désolant de penser que les espoirs et les rêves entretenus pour le saumon de ces rivières risquent d’être anéantis par les filets du Groenland. »

Le Groenland subit beaucoup de pression de la part de ses pêcheurs qui veulent que la pêche du saumon soit permise à plus grande échelle et qu’ils puissent le vendre sur des marchés à l’extérieur du Groenland. À la réunion, le Groenland a présenté une déclaration de l’association des pêcheurs et chasseurs du Groenland, la KNAPK, dont les membres exigent de pouvoir transformer et vendre le saumon pour contribuer à la croissance de l’économie de leur pays au moyen de l’exportation. Dans leur déclaration, les pêcheurs disaient vouloir un contingentement minimum de 1500 tonnes.

Bien que les autres parties aient tenté par tous les moyens de ramener la récolte du Groenland à une quantité plus conforme aux conseils du CIEM, la convention de l’OCSAN les a empêchés d’y parvenir du fait qu’elle nécessite l’appui unanime de toutes les parties pour fixer un seuil réglementé. Les îles Féroé méritent des éloges pour avoir accepté de ne rien pêcher dans leurs aires d’alimentation, où 20 % des prises permises pourraient être constituées du saumon de l’Amérique du Nord qui y migre. L’Organisation a néanmoins bien accueilli l’amélioration des mesures de surveillance et de contrôle que le Groenland entend appliquer.

Il reste maintenant l’option de conclure une entente privée, comme celle qui a été en vigueur de 2002 à 2011, avant que la récolte du Groenland monte en flèche pendant la saison 2012. Cette augmentation avait été causée par l’autorisation de vendre le saumon à des usines de transformation et l’insistance du Groenland à ce qu’aucune limite s’applique à la pêche de subsistance. L’entente privée avait été conclue par le North Atlantic Salmon Fund (NASF) d’Islande, la Fédération du saumon atlantique, la KNAPK (association des pêcheurs du Groenland) et le gouvernement du Groenland. Depuis 1992, le NASF et les pêcheurs des îles Féroé ont une entente qui maintient les prises à zéro.

Bill Taylor termine sur ces mots : « La FSA poursuivra sa collaboration avec le Canada, les États-Unis et des partenaires non gouvernementaux tant de l’OCSAN que de l’extérieur en vue de conserver et de rétablir le saumon et de réagir aux difficultés que soulève l’intention du Groenland de continuer sa récolte importante de saumon de l’Amérique du Nord. »

En bref :

L’OCSAN, une organisation intergouvernementale créée par traité en 1984, a son siège à Édimbourg, en Écosse. Elle a pour objectifs la conservation, le rétablissement et la gestion rationnelle des stocks de saumon sauvage de l’Atlantique, pour lequel les frontières nationales n’existent pas. C’est la seule organisation intergouvernementale à avoir un tel mandat, qu’elle remplit au moyen de consultations, de négociations et de coopérations internationales. Les parties à cette convention sont le Canada, le Danemark (au nom des îles Féroé et du Groenland), l’Union européenne, la Norvège, la Russie et les États-Unis. L’organisation reconnaît 35 observateurs non gouvernementaux (ONG).

Lorsque l’OCSAN s’est réuni à Goose Bay, au Labrador, les représentants de la Fédération du saumon atlantique faisant partie de la délégation canadienne étaient David Meerburg (conseiller scientifique et politique), Sue Scott (vice-présidente, Communications) et Don Ivany (directeur des programmes de Terre-Neuve-et-Labrador).

Sue Scott est la coprésidente des 35 ONG reconnues par l’OCSAN.

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La Fédération du saumon atlantique est vouée à la conservation, à la protection et au rétablissement du saumon atlantique sauvage et des écosystèmes dont dépendent son bien-être et sa survie. La FSA est formée d’un réseau de sept conseils régionaux (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador, Île-du-Prince-Édouard, Québec, Maine et Nouvelle-Angleterre occidentale). Ces conseils couvrent l’aire de répartition en eau douce du saumon atlantique au Canada et aux États-Unis.

Holly Johnson, responsable de l’information publique : 506-529-1033(bureau)
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